Marcus est un gentil garçon de sept ans, patient, à l’écoute de ses parents et angélique. Vous voulez rire, j’espère que vous ne m’avez pas cru. Marc-Antoine, mieux connu sous le nom de Marcus, est un véritable diable qui n’écoute pas toujours ce qu’on lui demande et est toujours partant pour faire le plus de mauvais coups possible souvent en compagnie de sa petite soeur Charlotte.

Justement, Dans cette histoire, ce charmant petit monstre est en compagnie de l’autre petite charmante diablesse de la famille, sa petite Charlotte, surnommée affectueusement Cha-Cha.

Il y a un peu plus d’un an, Marcus était un garçon beaucoup moins sage ou discipliné qu’aujourd’hui. Mais qui aurait pu croire qu’un enfant de cinq ans, à qui l’on dit de ne jamais toucher au gros extincteur rouge de la cuisine, même en cas d’extrême danger, auquel cas papa ou maman s’en chargerait, aurait la témérité de le prendre pour faire un jeu avec sa petite sœur de quatre ans? Peut-être les parents de Marcus, mais jamais vous, ou moi. Voici comment cette histoire s’est passée.

Marcus le super-héros et Cha-Cha la princesse jouaient ensemble dans le solarium. Un jeu de rôle quelconque où il est question de princesse, de super-héros et de méchant dragon cracheur de feu. Dans leur histoire magique, la princesse Cha-Cha était prisonnière d’une énorme tour (pour la cause, un pouf faisait office de tour) gardée par un méchant dragon (joué par Fido le chien en peluche de Marcus) attaquant tous les chevaliers ou les super-héros essayant de sauver la malheureuse prisonnière prise dans sa haute tour.

Le brave super-héros, seulement armé de son intelligence, de sa cape bleue, de son bouclier de « Captain America » et d’un extincteur de cuisine, se préparait à l’ascension de la dangereuse tour gardée par le féroce dragon Fido. L’ascension se passait plutôt bien pour notre brave ami, il progressait très vite à travers tous les pièges (blocs Lego éparpillés sur le sol, muraille de Playmobil protégeant Fido, etc.). Le dragon, aux aguets, vit que la princesse Charlotte serait bientôt rejointe par son fidèle chevalier. La question restant encore à savoir c’est s’ils allaient s’en sortir indemnes.

Alors que Cha-Cha se croyait déjà saine et sauve aux bras de son sauveur, le vilain dragon Fido attaqua non pas Marcus le super-héros, mais la magnifique princesse avec des flammes immenses qui sortaient de sa bouche, laissant ainsi un choix difficile à Marcus : laisser la princesse mourir dans ses bras ou subir la foudre de ses parents s’il décidait de la sauver en utilisant l’extincteur pour sauver la princesse des flammes. Ce n’était même pas un choix, la princesse ne devait pas mourir! Marcus jeta un coup d’œil à sa grande sœur Gabrielle dans la cuisine; elle était penchée sur son iPad inconsciente du destin auquel il était confronté. Il jeta un autre coup d’œil tout autour : pas de grand frère Raphaël à l’horizon, pas de mère, ni de père en vue pour le ramener à la raison. Sa mère était au téléphone avec un de ses clients et son père n’était pas rentré du travail. Marcus avait donc le champ libre et pouvait sauver la princesse des flammes et d’une mort imminente en l’aspergeant de mousse blanche dégoûtante. N’écoutant que son vaillant cœur, il déchargea l’extincteur sur sa sœur, la couvrant d’une montagne de mousse. Seulement, il n’eut pas la récompense qu’il espérait. La petite Charlotte se mit à pleurer en se voyant ressembler à un père Noël tombé de son traîneau. Ses cris alertèrent Gabrielle qui décida enfin de lever la tête de son iPad et vit la fillette remplie de mousse de la tête aux pieds. La grande sœur dérangea donc leur mère qui arriva mécontente d’avoir été dérangée lors d’un appel important. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant que, pour une fois, ses enfants l’avaient alerté pour une raison importante!

Cha-Cha finit sa soirée dans le bain pour se débarrasser de toute trace, senteur et texture moussante tandis que Marcus se retrouva tôt dans son lit sans reconnaissance pour son œuvre si chevaleresque.

Et sa mère et son père, une fois les enfants bordés, durent passer la soirée à nettoyer les fines particules laissées par la mousse de l’extincteur, en riant un bon coup de l’exploit de leur super-héros en se disait qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer.