Le jeu « éducatif » n’est pas seulement pour les enfants, il a un large public.

Affirmer que le jeu a un potentiel éducatif, c’est être capable de montrer qu’il est susceptible d’intervenir positivement dans l’un des domaines que donne la définition :

  • Développement intellectuel du joueur
  • Formation physique du joueur
  • Adaptation sociale du joueur

On peut dire que le jeu a une valeur éducative lorsque le joueur apprend quelque chose en y jouant. 

À force de constater que les centres de formations professionnelles recourent abondamment aux jeux dans leurs moyens d’éducation, nous pouvons dire que le jeu est un bel outil d’apprentissage.

Les enfants ont tendance à choisir que ce qui leur plait et non, ce qui est bon pour eux. Ainsi, il est commun de voir dans les médiathèques et les ludothèques, des parents, des enseignants cherchant un jeu permettant d’apprendre telle ou telle chose. Si le jeu « éducatif » permet un apprentissage, il institue le joueur dans un rôle d’élève. Dans ce cas qui est l’enseignant ?

On peut voir apparaître une large confusion entre jeu et exercices.

Notre rôle de professionnel (du jeu ou d’animateur) est de guider (parents, enfants, enseignants…) afin de ne pas confondre matériel pédagogique et jeu. Ce qui revient à adapter une attitude adéquate face à l’activité ludique.

Le jouet symbolique n’est pas éducatif

La place de l’adulte dans le jeu de l’enfant et, plus précieusement son principe par rapport à l’activité, posera question.

Le jeu symbolique d’imitation ne saurait pas être perçu comme jeu « éducatif » par l’adulte car c’est justement l’expérimentation d’une liberté dans l’imitation qui fait la valeur de ce type de jeu. Ainsi la petite fille qui joue à faire la cuisine n’apprend pas à faire des recettes mais plutôt, elle imite, à sa façon, une activité sociale qu’elle interprète : soit celle du parent préparant le repas familial.

Le jeu comme « loisir utile »

Indépendamment du fait que le jeu, comme tel, est une marchandise commerciale, nous pouvons y voir un paradoxe. Dans une société où le loisir occupe une place toujours plus importante, une part de ce loisir devrait être consacré à compenser tout ce temps perdu. Le jeu « éducatif » entrerait donc dans la catégorie du « loisir utile » au même titre que la lecture (c’est bon pour l’orthographe et le vocabulaire), le sport (c’est bon pour la santé) ou les séjours linguistiques à l’étranger (c’est bon pour apprendre une langue étrangère).

Les critères des jeux éducatifs

  • Créativité : parce qu’elle est une ressource fondamentale du joueur en action;
  • Pédagogique : parce qu’il est soit éducatif ou non le jeu accompagne l’enfant dans son développement;
  • Ludicité : parce qu’il ne suffit pas d’écrire « jeu » sur une boite pour que le contenu soit effectivement ludique.

Ces trois critères contribuent à définir les contours de ce que peut être un jeu « éducatif ».